Philippe Jaenada remporte le prix Goncourt 2026

Le prix Goncourt 2026 a été attribué, ce mardi 3 novembre, à Philippe Jaenada pour son roman L’Inconnue du quai de Javel. Dans cet ouvrage, l’écrivain, âgé de 62 ans, revient sur le meurtre d’une jeune Bretonne survenu à la fin des années 1950 et mène sa propre enquête pour tenter d’en élucider les circonstances. À noter que la cérémonie s’est tenue à quelques pas des locaux de RFI. Autre coïncidence troublante : cette distinction intervient au lendemain de l’ouverture du procès consacré à l’assassinat d’une fillette de quatre ans, connue sous le surnom de « La petite de l’A10 ».

Au terme du vote, les neuf membres de l’Académie Goncourt ont accordé six voix à Philippe Jaenada, contre trois à Yannick Haenel, en lice avec La solitude des professeurs est infinie. Ce dernier roman évoque les épreuves et les difficultés rencontrées par un jeune professeur de français exerçant en banlieue parisienne.

À son arrivée au restaurant Drouant, à Paris, où se déroule traditionnellement la proclamation du prix, le lauréat a exprimé sa joie en ces termes : « Je me sens joyeux ».

Deux autres titres figuraient également parmi les ouvrages finalistes : Choses que je croyais perdues, de Clémentine Mélois, et De l’autre côté du lac, de Sylvain Prudhomme. Cette édition du prix a toutefois été marquée par la controverse autour de Thélyson Orélien, qui a remis au premier plan la question de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le monde de l’édition.

Son livre, C’était ça ou mourir, qui comptait parmi les favoris, a finalement été retiré de la sélection du Goncourt et écarté des autres prix littéraires, à la suite de soupçons concernant un éventuel recours à l’intelligence artificielle, rapporte l’AFP.

Philippe Jaenada succède ainsi à Laurent Mauvignier, récompensé en 2025 pour La Maison vide, devenu depuis un remarquable succès en librairie.

Publié chez Flammarion, L’Inconnue du quai de Javel s’inscrit dans la veine intimiste et policière qui a fait la réputation de l’auteur et lui a permis de fidéliser un large lectorat. Cette démarche avait déjà donné naissance à plusieurs ouvrages remarqués, parmi lesquels Sulak (2013), La Petite Femelle (2015) et La Serpe (2017).

La presse spécialisée le présente d’ailleurs comme l’un des plus grands auteurs français de récits consacrés aux affaires criminelles non élucidées, les fameux « cold cases ».