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A propos de la respiration laïque_ entretien avec Catherine Kintzler. في معنى الانشراح اللائكي_ لقاء مع الفيلسوفة كاترين كنسلار

Propos recueillis par: Mohamed Adel Mtimet

أجرى اللقاء: محمد عادل مطيمط

تسرّنا اعادة نشر نص الحوار الذي أجرته المجلّة سنة 2021 مع المفكرة الفرنسية كاترين كنسلار. أهمية هذا النص تبرر ضرورة العودة إليه.

Catherine Kintzler : La laïcité est menacée par des revendications particulières d’exception qui sont régulièrement avancées : introduction de signes religieux dans le domaine de l’autorité publique, ghettoïsation croissante de zones dites urbaines mais qui n’ont plus d’urbain que le nom, exercice de l’obligation d’appartenance par pression sociale sur les individus, clientélisme, financement croissant des écoles privées… et à un niveau plus institutionnel, tentatives réitérées de financement des cultes[2], tentative de politique fondée sur la reconnaissance administrative de communautés[3], traduction tendancieuse d’une directive européenne pour protéger la liberté religieuse des salariés et non leur liberté d’opinion en général[4]. Ce sont là des « grignotages » qui émaillent l’histoire politique récente, mais ils resteraient épars s’ils n’étaient appuyés sur une mentalité répandue. Ces attaques trouvent en effet un soutien auprès d’un allié idéologique puissant : la pensée qui fait de l’attitude religieuse une norme. Il s’agit régulièrement, par un aggiornamento de la laïcité, d’articuler les diverses formes de religiosité en un régime de tolérance dans lequel l’État accorderait un degré de reconnaissance politique aux religions. Le schéma consiste à s’autoriser d’une représentation qu’on se fait de la société civile pour former injonction envers l’association politique.

Vouloir s’appuyer sur une représentation de la société civile pour en tirer un modèle dont la société politique devrait s’inspirer, pour en faire une norme politique, cela pose la question de la nature et de la forme du lien politique que nous avons abordée précédemment. Ce lien doit-il se modeler sur un ou des liens sociaux préexistants – ou du moins les refléter – ou bien peut-il se penser de manière distincte et se présenter comme autoconstituant, étant à lui-même son propre commencement ?

[2]Par exemple, le « rapport Machelon », 2006.

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